AFP 19.01.08
Une
stèle a été inaugurée
samedi à Angoulême en hommage à 927
républicains
espagnols réfugiés en Charente et
déportés, en 1940, vers le camp de
concentration nazi de Mauthausen (Autriche), a constaté une
correspondante de l'AFP.
Jesùs Tello,
81 ans, et José
Alcubierre, 83 ans, rescapés de la
tragédie, ont dévoilé devant plus
200 personnes dont de très nombreux Espagnols, les
autorités locales et
des scolaires, une stèle drapée des couleurs
-rouge, jaune et violet-
de la République espagnole.
"Ne les oublions pas, no los
olvidemos": le souvenir est désormais
gravé dans la pierre à quelques pas de la gare
d'Angoulême.
Le
20 août 1940, alors que la Charente est occupée
par les troupes
allemandes depuis deux mois, une rafle est
perpétrée à Angoulême dans
un camp où sont parquées des centaines de
familles de républicains
espagnols qui ont fui l'Espagne franquiste.
"Ces
réfugiés
républicains étaient qualifiés
d'indésirables", a rappelé Gregorio
Lazaro, fils de réfugiés et
président de l'association des Espagnols de
Charente.
Ces 927 personnes
sont emmenées à la gare et entassées
dans des wagons de marchandises. Quatre jours plus tard, le sinistre
convoi, identifié comme le
premier train de l'histoire de la
déportation de civils en Europe occidentale,
s'arrête aux portes du
camp de Mauthausen.
Les 490 hommes et
garçons de plus de 13 ans
sont aussitôt internés. Seuls 73 d'entre eux
survivront au camp de la
mort. Les femmes et les enfants repartiront vers l'Espagne,
livrés au
régime franquiste.
Au cours de la
cérémonie, Jesùs Tello a
témoigné des scènes terribles de
séparation, de l'horreur du camp que
les prisonniers sont contraints de construire: "nous
n'étions plus
rien, qu'un numéro", a-t-il déclaré.
En Espagne, cette
page
d'histoire a été
révélée par un documentaire, "El
convoy de los 927"
(2004), réalisé par Ricard Belis et la
journaliste de la télévision
catalane Montse Armengou qui a découvert l'information.
"Le fait
que, si tôt, en 1940, presque mille Espagnols aient
été déportés m'a
semblé étrange", a-t-elle expliqué
à l'AFP. "Ensuite, nous avons
découvert que c'était le premier train, en Europe
occidentale, qui
avait transporté des civils vers un camp de concentration
nazi",
a-t-elle ajouté.
Lire un article publié dans El Mundo du 6 février 2005 :
ICI
Une liste (incomplète) des déportés d'Angoulême
(site de Fabien Garrido) :
ICI