Espagne au Cœur
Guerre d'Espagne et Bande Dessinée
| Cette page existe grace à l'ami Philippe Guillen, professeur d'Histoire à Valence d'Agen que je remercie très chaleureusement. |
Les Phalanges de l'Ordre noir (Enki Bilal et Pierre Christin) chez Dargaud (1979, mais il y a eu des rééditions et sous d’autres formats). De vieux
Brigadistes (Brigades Internationales) règlent leurs comptes avec de vieux
fascistes… Mais la vengeance n’est pas
un plat qui se mange froid.
Eloy, Rio Manzanares, 1936 (du dessinateur espagnol Palacios) aux Humanoïdes associés (1981, 1982). Les grandes batailles, les grands chefs, tout y est ! Mais l’image est un peu saturée par le texte. Pour les connaisseurs ! La Cinquième colonne, tome 11 de la série Louis la Guigne, de Giroud et Dethorey chez Glénat (1995) et dans la même collection, le tome 12 : Les Parias (sorti en 1996 et difficile à trouver). Très documentée, on peut y voir les barbelés, les baraques, l'hôtel "de las mil y unas noches", le rata. C’est, à notre connaissance la seule BD totalement consacrée aux Espagnols dans les camps de concentration français (le tout en 48 pages). La mémoire blessée, tome 4 de la série Soledad, de Tito chez Casterman (1998) puis les tomes 3, 4, 5 de la série Max Fridmann - par Giordano chez Glénat (1999, 2002, 2008) Le Phare de Paco Roca (sorti en 2005) chez le petit éditeur « 6 pieds sous terre ». Histoire ‘un jeune espagnol qui « se réfugie » au bord de la mer. Quintos d’Andreas et Cochet, chez Dargaud (2006). Belles images, mais un scénario qui manque de force, autour de ces questions : 1/ Mais qu’est-ce qui peut bien pousser des hommes et une femme, d’origines sociales diverses, de nationalités différentes, à s’engager ?… dans les rangs de la République ! Et 2/ Y a-t-il de bonnes et justes causes à défendre ?…jusqu’à en mourir ! Ermo de Bruno Loth . Auto éditeur indépendant , Loth a fait paraître 4 tomes de sa série à ce jour : Le Magicien (tome 1, 2006), Barricades ( tome 2, 2007 ) puis toujours chez le même éditeur : Libre d'images (tome 4). Puis Une nuit en Aragon et Mujeres libres. Tous très intéressants : bon scénario et beaux dessins avec parti pris de couleurs (Rojo y Negro surtout) révélateur des pensées de B. Loth.Et pour finir, il n'est pas pensable de faire l'impasse sur Paracuellos, superbe et irremplaçable BD de Carlos Giménez.
Même si cette BD ne traite pas à proprement parler de la Guerre
civile, elle évoque (et comment !) les sinistres conséquences de la
victoire de Franco sur le peuple et la jeunesse espagnole. En quelques
traits, cases et anecdotes, tout y est dit finalement de la société
franquiste mise en place dès après la défaite républicaine. Nul besoin de longues
thèses. Quel magnifique et terrible témoignage ! A travers le récit
autobiographique d'un petit gamin placé dans un de ces ignobles foyers de
l'Assistance publique espagnole , le lecteur baigne dans l'injustice,
l'hypocrisie, le malsain et la méchanceté crasse du régime fasciste. Quel
sale bouillon, quel bain infâme ! A faire connaître à nos jeunes pour que nul ne
veuille un jour vouloir y être retrempé. Un véritable coup de pied dans le cul
de ceux qui voudraient se faire les continuateurs du Caudillo.
Paru sous forme de feuilleton il y a plus de 20 ans dans le mensuel
humoristique Fluide Glacial, les (mes)-aventures du petit Carlos sont
enfin
republiées cette année en un seul
album titrée simplement : Paracuellos (Fluide Glacial
éditeur). A lire absolument.![]() |
Mais sur la Guerre à proprement parler, c'est le tome 1 qu'il faut consulter, absolument. Dans Montserrat - souvenirs de..., Julio Ribera (né en 1927) évoque sa propre jeunesse espagnole : papa est soldat républicain et raconte sa guerre à ses enfants lorsqu'il revient du front. Mais la famille connaît déjà fort bien, et les bombardements et la faim. Les crampes d'estomac, ils en ont même eu au point de sacrifier le petit oiseau de la volière pour en faire un maigre repas. Au point même, que Monserrat -la jeune soeur de Julio- mourra de toutes ces privations. Récit anecdotique donc, mais -Woaw! - quelle force ! L' Ange de la Retirada – un petit livre (13
euros) de Serguei Dounovetz et Paco Roca, chez un petit éditeur "6
Pieds sous Terre" (sept.2010) dans lequel il est question de la
fameuse Colonia Espanola de Béziers, mais encore de la Memoria des 2ème et
3ème générations de descendants d'exilés. Nous espérons avoir fait ainsi le tour de la production actuelle des BD "commerciales" et contemporaines sur la Guerre d’Espagne. Mais cette liste serait incomplète si l’on oubliait d’y ajouter aussi les productions de l'époque (dont le Jeu de l'Oie, …). Ces BD là sont un très grand intérêt, et pas seulement documentaire, mais encore artistique. |