Violences de la guerre d'Espagne
“Jamais
les autorité républicaines n’ont avalisé les
crimes que l’on commettait dans leur camp, elles les ont toujours
condamnés, si elles ne pouvaient pas les empêcher.
On pense à l’exclamation d’Azaña apprenant, en août 1936, les massacres de Paracuellos: “Je ne veux pas être le président d’une République d’assassins…”.
Un mois plus tard, le
même Azaña fera cette réponse au gouverneur civil
d’Almeria l’informant que, dans sa province, il n’y
avait eu que quelques dizaines d’exécutions sommaires:
“Ce sont quand même des assassinats…”
On ne trouve aucune déclaration analogue dans la zone nationaliste.
Là aussi, il y eut
des éléments incontrôlés, par exemple les
groupes armés de la Phalange et des Carlistes, tentés de
régler des comptes ou d’assouvir des vengeances
personnelles.
Très vite cependant,
les généraux prennent la situation en main. Ils ont
proclamé la loi martiale. Ils ne tolèrent aucun
désordre. On est donc en droit
de penser que les crimes commis dans la zone nationale l’ont
été avec l’accord des autorités militaires.
Des dizaines de milliers
d’Espagnols des deux bords furent ainsi exécutés
sommairement. “ Plus que cette comptabilité macabre, ce
qui importe, c’est l’horreur que suscite ce
déferlement de violences, les unes spontanées et
déplorées, les autres calculées et
programmées.
Rien ne justifie les premières, tout accable les responsables des secondes…”
Joseph PÉREZ
Professeur émérite à l’université de Bordeaux III
Ancien directeur de la Casa Velázquez (1989-1996)
tiré du livre Histoire de l'Espagne - Ed. Fayard -
ISBN :
2-213-03156-8
|