| Santiago Gonzalez Artigas | ||
| Né
à Paris en 1930 dans une famille espagnole, Jacques Gonzalez a
écrit un très beau livre où les souvenirs
d’enfance se mêlent à l’épopée
de la guerre d’Espagne et à la geste des
guérilleros espagnols en France à travers notamment le
portrait de son père Santiago Gonzalez Artigas. (*) Déserteur du « Tercio » réfugié en France en 1924, Santiago Gonzalez rejoint les rangs des républicains espagnols (Division Carl Marx) comme volontaire dès le 5 août 1936. Son expérience et son courage lui font gravir rapidement les échelons. En décembre 1938, il est le chef de la base d’instruction du XVIIIe corps de l’Ejercito del Este à Girona. Après la Retirada, comme des milliers de compagnons, Santiago est enfermé dans les camps (Saint-Cyprien et Septfond). Echappant aux investigations policières, il réussit à s’installer avec sa famille dans la vieille ferme de « Lagestère » puis celle de « Martrès » à Ambax, près de l’Isle-en-Dodon (Haute-Garonne). Dès 1942, Santiago crée un noyau de résistance autour d’anciens soldats républicains évadés des CTE ou des camps de concentration. La métairie devient alors un point de chute et de passage ; armes, explosifs, essence y sont camouflés. Pour les maquisards, les risques sont énormes : la tragédie du tout proche maquis de Meilhan (76 résistants massacrés le 6 juillet 1944) en témoigne. Fin juillet-début août 1944, la ferme d’Ambax abrite même l’Etat-major des guérilleros espagnols de la R4 (beaucoup d’historiens la situaient vaguement à l’Isle-en-Dodon). Après avoir contribué à la libération de Toulouse, Santiago Gonzalez rejoint le Quartier Général, puis, envoyé à Pau par l’Etat-major, il est responsable du cantonnement des guérilleros au domaine de Sers où se préparent les opérations de l’autre côté des Pyrénées. On connaît la suite, hélas, la « 2e non-intervention » et l’abandon de l’Espagne à son misérable sort. Le commandant Santiago Gonzalez « démobilisé » doit reprendre son bleu de travail et sa truelle de maçon qu’il manie jusqu’à l’âge de 71 ans... Grand merci à Jacques, fils de Santiago Gonzalez guérillero oublié, pour cet ouvrage utile, témoignage précieux qui entr’ouvre les « fosses du silence » dans lesquelles demeurent encore enfouies tant de belles pages de la lutte pour la Liberté. | ![]() Camp
de Saint-Cyprien (Pyrénées Orientales). Au centre le
commandant Santiago Gonzalez. A sa gauche, son chauffeur personnel
(pendant la guerre d'Espagne). A sa droite, son frère Antonio. Santiago Gonzalez parlait le français, c'est pourquoi il fut un des officiers responsables auprès des autorités françaises du camp. | |
| (*) « La Tour de Lagestère » par Jacques Gonzalez - Editions Atlantica – 2002 – ISBN 2-84394-525-9 |