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Todos los pasajeros eran
republicanos españoles, no judíos. El convoy de los 927 El largo camino que llevó a Jesús Tello a derribar la estatua del águila que presidía amenazadora la entrada del campo de concentración de Mauthausen empieza en la ciudad francesa de Angoulême. De allí partió un convoy con 927 españoles. Eran familias enteras, civiles refugiados en Francia que habían huido de Franco. Ellos inauguraron, el 20 de agosto de 1940, los trenes de la muerte con destino a un campo de concentración nazi. Casi automáticamente asociamos esos trenes al holocausto judío. Pero en Europa occidental, los republicanos españoles tienen el triste honor de haber sido los primeros viajeros. Ni un solo monumento honra su memoria en España, ni la
más mínima conciencia de haber tenido ese macabro
privilegio histórico. Ésta es su historia cuando
se cumple el 60 aniversario del final de la II Guerra Mundial y de la
liberación de los campos de exterminio. Piedra a piedra «El
muro principal de la entrada lo han hecho piedra a piedra los
republicanos españoles». Tello recuerda
esos 182 empinados escalones de la cantera, miles de prisioneros
haciendo ese viaje una y otra vez cargados con piedras inhumanas de
soportar para cuerpos mal vestidos, mal calzados, sin alimento.
«Si uno no podía más y soltaba el
pedrusco, caía sobre el que estaba atrás, y
éste sobre el otro. Moría mucha gente. Los SS
empujaban a los más débiles desde arriba del todo
de la cantera, por el precipicio.Yo he visto morir a mucha gente
así, con el salto del paracaidista que le decían.
Mauthausen era un campo de exterminio. Primero tenías que
dejar tus fuerzas y luego, a la basura». Fuente: El Mundo 06.02.05 |
Tous
les passagers étaient des républicains espagnols,
aucun
n'était juif. Le convoi des 927 Le
long périple qui amena Jesús Tello
à abattre la statue d'aigle qui surmontait,
menaçante, la porte d'entrée du camp de
concentration de Mauthausen, a pour point de
départ la ville française d'Angoulême.
C'est d'ici que partit un convoi de
927 espagnols.
Il s'agissait de familles entières, civils
réfugiés en France pour échapper
à Franco.
Ce furent eux qui inaugurèrent, le 20 août 1940,
les
trains de la mort vers un camp de concentration nazi. On associe
presque automatiquement ces trains à l'holocauste des juifs.
Pourtant, en Europe occidentale, ce sont les
républicains espagnols qui ont le triste honneur d'en
être les premiers voyageurs.
Or, en Espagne, aucun monument n'honore cette mémoire et la conscience d'avoir eu ce macabre privilège historique. Voici donc cette histoire, alors qu'on célèbre le 60e anniversaire de la fin de la 2e Guerre Mondiale et la Libération des camps d'extermination. Jesus
Tello et sa famille, comme beaucoup d'autres fuyant la chute de la
République, franchirent la frontière
française et arrivèrent à Angoulême.
À la déception due au mauvais accueil
rencontré en
France - les Espagnols étaient
considérés comme
des rouges indésirables - s'ajoutait la crainte
consécutive à l'invasion nazie. Angoulême se trouvait
en zone occupée, sous l'autorité du
gouvernement collaborateur de Vichy. "Un beau jour, les allemands ont
encerclé le domaine des Alliers, où nous
étions réfugiés, et ils nous ont mis
dans un train", se souvient Tello. 927 Espagnols, des
familles entières, femmes, enfants, personnes, population
civile incontestablement réfugiée, sont mis dans
ce train. Aucune explication, seulement des rumeurs. Certains pensent
qu'on va les conduire en zone libre, d'autres en Russie. Mais
tous ont peur : les renvoie-t-on en Espagne, où la justice
de
Franco les attend avec au bout la prison ou la fusillade ?
Par les étroites fentes du train où on les a jetés comme des animaux, quasiment sans eau ni nourriture, ils réalisent qu'on les dirige vers le nord. "Dès le même moment où ils t'enfermaient dans le wagon du train, tu perdais ton identité, tu n'étais déjà plus libre. Ils faisaient de toi ce qu'ils voulaient, tu n'avais plus de nom, tu étais devenu un numéro ". Et le 24 août, après quatre jours d'un voyage épuisant, le train s'arrête en gare d'un bourg qui s'appelle Mauthausen. Le nom ne dit rien à personne. Nous sommes seulement en 1940, la renommée de ce qui sera considéré comme un des camps les plus cruels du système de concentration et d'extermination nazi était encore inconnue. Aujourd'hui encore, Tello se souvient du bruit des serrures et des portes des wagons qui s'ouvraient. Et puis les cris, ceux des SS et les aboiements de leurs chiens. "Ils allaient de wagon en wagon demander : wie alt, wie alt, ce qui veut dire : quel âge as-tu ?. A celui qui avait plus de 10 ans ils disaient, raus, raus, et ils nous sortaient du train. Tu ne pouvais même pas dire adieu à ta famille ". Les scènes qui se produisent dans cette gare sont terribles. Femmes accrochées à leurs maris, à leurs enfants, brutalement séparés. Aucune supplique n'est écoutée. 470 personnes, hommes et presqu'enfants, prennent le chemin de leur propre tragédie. En quelques heures ils sont dévêtus, puis douchés, on leur rase la tête, on leur donne un habit rayé, un numéro - celui de Tello était le 384142- avec un triangle bleu avec un grand S signifiant "spaniers" (ce triangle bleu identifiait les apatrides), ceux qui ont été vendus par le régime de Franco et son ineffable ministre des Affaires Etrangères, Ramón Serrano Súñer. Ce dernier avait dit à Hitler qu'il pouvait faire ce qu'il voulait de ces rouges, la nouvelle Patrie ne les considèrant pas comme étant Espagnols. Les dés étaient jetés : la carrière de Mauthausen avait grand besoin d'esclaves pour la construction de ce camp et de beaucoup d'autres. (Suite de la traduction
prochainement)
Article publié dans le journal "El Mundo" du 6 février 2005 19 JANVIER 2008 : INAUGURATION D'UNE STÈLE A LA MEMOIRE DES REPUBLICAINS ESPAGNOLS DU "CONVOI DES 927" ![]() Le 19 janvier 2008, à l'initiative de l'APFEEF (Asociacion de los Españoles de Angulema) qui l'a entièrement financée, une stèle du souvenir a été inaugurée en présence des personnalités locales (préfète, maire, député, conseiller général, conseiller régional...) ainsi que des porte-drapeaux des associations d'anciens combattants, résistants et déportés.. Cet acte, qui intervient 68 ans après la tragédie criminelle du "Convoi des 927", a connu une grande affluence (photo). De nombreux drapeaux tricolores de la 2e Republica Española flottaient au vent dans une ambiance de grand recueillement. A l'exception d'une délégation de la Generalitat de Catalunya, aucun représentant de l'Etat ou du gouvernement espagnol, pourtant invités, n'assistait à cette cérémonie. Pourquoi ? EL 20 DE AGOSTO DE 1940, SALIO DE
ESTA ESTACION DE ANGULEMA |