Venís desde muy lejos... Mas esta lejanía, ¿ qué es para vuestra sangre, que canta sin fronteras? La necesaria muerte os nombra cada día, no importa en qué ciudades, campos o carreteras. De este país, del otro, del grande, del pequeño, del que apenas si al mapa da un color devaído, con las mismas raíces que tiene un mismo sueño, sencillamente anónimos y hablando habéis venido. No conocéis siquiera el color de los muros que vuestro infranqueable compromiso amuralla. La tierra que os entierra la defendéis, seguros, a tiros con la muerte bestida de batalla. Quedad, que así lo quieren los árboles, los llanos, las mínimas particulas de la luz que reanima un solo sentimiento que el mar sacude: ¡ Hermanos ! Madrid con vuestro nombre se agranda y se ilumina. | ![]() Rafael Alberti Puerto de Santa Maria (Andalousie) 1902 - 1999 - Aux Brigades Internationales - Vous
êtes venus de très
loin...
Pourtant, cette distance
Qu’est-elle pour votre sang, qui chante sans frontières ? Nécessaire, la mort chaque jour vous appelle. De ce pays, de l’autre, du grand, du petit, De celui dont on devine à peine le ton pâle sur la carte, Avec les racines communes d’un rêve commun, Anonymes — rien d’autre — en parlant vous êtes venus. Vous ne connaissez même pas la couleur de ces murs Que votre parole donnée, infranchissable, fortifie. Ce sol qui vous enterre, vous le défendez, fermes, A coups de feu avec la mort en tenue de bataille. Restez : ainsi l’exigent les arbres, les plaines, Les minuscules feux de cette clarté qui ravive Un unanime sentiment qui agite la mer : Frères ! Madrid à votre nom grandit et s’illumine. Lien : Phonothèque Rafael Alberti |