« … Por llanuras y montañas / guerrilleros libros van / los mejores luchadores / del campo y de la ciudad… »  (Himno guerrillero)
Deux guérilleros nous ont quittés
  • Haute-Garonne : José Sans-Sicart
Le 28 février 2005, José Sans Sicart s’est éteint à son domicile toulousain. Placé très jeune à l'école de la vie ouvrière, travailleur acharné, homme aux convictions indéfectibles, il était très attaché à l’union des républicains espagnols tout en préservant sa propre indépendance à l'égard des groupes et partis.
Il fut sergent instructeur dans l'Armée Populaire de la République Espagnole. En France, il s’engagea dans la Résistance dès 1942, dans le Tarn. Nos vétérans se souviennent de José portant longtemps, avec honneur et fierté, le drapeau des Guérilleros dans nombre de cérémonies.
Il fut de ceux qui ont activement agi pour la réalisation et la reconnaissance officielle du Monument de Prayols (Ariège).
Auprès des autorités françaises, il contribua à représenter les résistants espagnols, faisant respecter leur drapeau pour ce qu’il symbolise : l'union fraternelle avec les combattants français, pour le même idéal et le même but, la Libération.
Comme pour beaucoup de ses camarades, son amertume fut grande de ne pas voir sa patrie libérée, non moins grande que celle de voir les divisions politiques favoriser l'abandon de l'Espagne par tous les Alliés. Pour autant, il s'était fait un devoir de maintenir vive la mémoire de ceux avec qui il avait partagé cet espoir et cette lutte.

Aujourd'hui, les siens ont l'immense douleur de perdre un mari, un père et un grand-père jovial, ouvert à tous les savoirs et à toutes les cultures des hommes, digne et énergique.
Mais il leur laisse son exemple, et son héritage moral. Car il a été un de ces nombreux Espagnols qui ont, avec tant d’abnégation, tout fait pour que leurs enfants ne connaissent pas les tragédies qu'ils ont affrontées.
En cette occasion nous avons une pensée émue aussi pour son beau-père Miguel Pascual, l’un des responsables des “Cenetistas de la Unión Nacional Española”, mort en 1951, et dont une rue de Toulouse perpétue le souvenir.
  • Tarn-et-Garonne : Alonso Gonzalez (« Pizarro »)
Alonso Gonzalez (Pizarro) en juin 2004 Le 23 décembre 2004, Alonso González (« Pizarro » dans la Résistance) est mort à Montauban dans sa 87e année. Fervent républicain, il s’opposa immédiatement dans sa région de Badajoz aux troupes fascistes. Sauvé in extremis d’une fusillade, il intègre la 12e brigade internationale « Garibaldi ». Il sera bien vite le plus jeune commandant des brigades internationales.
Après la Retirada, les camps de concentration d’Argelès puis du Barcarès, il entre en Résistance dans l’Ariège puis le Tarn-et-Garonne. En 1942 il participe à la fondation d’un maquis dans le causse de Saint-Antonin. Grièvement blessé, il poursuivra le combat antifranquiste après la Libération.
Homme engagé, courageux, intransigeant quant aux valeurs républicaines, président de la section du Tarn-et-Garonne de l'Amicale des anciens guérilleros espagnols en France (FFI), militant éminent du parti des radicaux de gauche.
Alonso a inlassablement milité pour la mémoire des guerrilleros espagnols et de la Résistance en général. Récemment il avait été décoré de la Légion d’Honneur.
Tous ceux qui l’ont approché garderont en mémoire son sourire, ses yeux pétillants d’intelligence et de joie de vivre. Alonso et sa famille étaient très connus et appréciés en Tarn-et-Garonne. Son fils José, ancien adjoint-au-maire de Montauban, est actuellement vice-président du conseil général de Tarn-et-Garonne.

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